Trois ressortissants béninois ont été interpellés à Gaya, au Niger, dans le cadre du démantèlement d’un réseau présumé d’escroquerie en ligne. Les mis en cause, âgés de 23 à 27 ans et présentés comme des étudiants, sont soupçonnés d’avoir monté une véritable opération de fraude autour de fausses ventes aux enchères publiques. L’affaire, révélée par la Direction de la Police judiciaire (DPJ) du Niger, met en lumière les nouvelles méthodes utilisées par des cyberescrocs pour piéger les internautes en exploitant l’image des institutions publiques.
De fausses enchères aux couleurs des Douanes pour soutirer des millions
Le mode opératoire du réseau reposait sur la diffusion, à travers les réseaux sociaux, de fausses annonces de ventes aux enchères présentées comme des opérations officielles de la Direction générale des Douanes du Niger. Pour donner du crédit à leurs publications, les auteurs présumés auraient reproduit plusieurs éléments d’authentification institutionnelle, notamment le sceau de l’État, le cachet et la signature du directeur général des Douanes.
Attirées par la perspective d'acquérir des biens à des prix avantageux, les personnes intéressées étaient invitées à effectuer des versements sur des comptes de paiement mobile. Les échanges se poursuivaient ensuite sur WhatsApp, où les prétendus organisateurs exigeaient également la transmission de pièces d’identité.
Cette stratégie aurait permis aux présumés escrocs de multiplier leurs victimes. À ce stade de l’enquête, plus de 37 plaignants ont été recensés par les services de police. Le préjudice financier provisoire est évalué à environ 7 millions de FCFA.
Une organisation répartie entre trois complices
Selon les premiers éléments communiqués par la police nigérienne, les trois suspects présumés auraient joué des rôles complémentaires dans le fonctionnement du réseau. L'un était chargé de créer de faux comptes de paiement à partir de numéros nigériens. Le deuxième assurait les retraits des fonds collectés auprès des victimes, tandis que le troisième prélevait sa commission avant de transférer le reliquat au Bénin.
Les investigations ont également fait apparaître la possibilité qu'une partie de l'argent détourné ait été convertie en cryptomonnaie, une pratique susceptible de compliquer le traçage des transactions financières.
L'enquête ne s'arrête toutefois pas à ces trois interpellations. Un quatrième membre présumé du réseau, qui résiderait au Bénin, est activement recherché par les services compétents. La police indique par ailleurs que les trois personnes arrêtées ont reconnu leur implication dans les faits qui leur sont reprochés. Ces déclarations restent néanmoins à apprécier dans le cadre de la procédure judiciaire.
Des numéros étrangers pour brouiller les pistes
L'exploitation des téléphones saisis lors de l'interpellation a permis aux enquêteurs de découvrir l'utilisation de numéros virtuels étrangers, notamment français. Ces lignes auraient servi à contacter d'autres victimes en donnant l'impression que les interlocuteurs se trouvaient en Europe.
Cette découverte laisse entrevoir une possible extension des activités frauduleuses au-delà du territoire nigérien. Les enquêteurs poursuivent donc leurs investigations afin d'identifier d'éventuels complices, de retrouver les autres victimes et de déterminer l'étendue réelle des opérations financières du réseau.
À travers cette affaire, la Direction de la Police judiciaire du Niger lance un avertissement aux internautes. Elle les invite à vérifier systématiquement l'authenticité des annonces de ventes aux enchères, particulièrement celles attribuées aux administrations publiques. Elle recommande également de ne jamais effectuer de paiement sans confirmation officielle ni transmettre des documents personnels à des interlocuteurs dont l'identité n'a pas été formellement établie.
Cette affaire rappelle, une fois encore, que l'usurpation de l'identité des institutions publiques constitue un moyen redoutable de manipulation sur les plateformes numériques. Derrière les promesses de bonnes affaires peuvent se dissimuler des réseaux organisés, capables de transformer la confiance des internautes en une véritable source de revenus illicites.
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