Du 25 au 28 octobre 2026, les évêques du Bénin ont tenu leur 79e session plénière au Centre pastoral Monseigneur Nicolas Okioh de Natitingou. Au terme de leurs travaux, les prélats ont dressé un tableau préoccupant de plusieurs réalités sociales, sécuritaires et politiques du pays. Dans leur communiqué final, ils ont notamment alerté sur la montée de la pauvreté, les vols à main armée, les violences sexuelles sur les mineurs, la consommation de drogues et les menaces terroristes. Face à ces défis, la Conférence épiscopale du Bénin (CEB) préconise davantage de dialogue, une justice plus humaine et des réponses concrètes aux difficultés des populations.
C'est dans une atmosphère de recueillement et de communion ecclésiale que s'est ouverte cette rencontre statutaire de l'Église catholique au Bénin. La messe solennelle d'ouverture, célébrée à la cathédrale Saint-Sauveur de Natitingou, a été présidée par Monseigneur Roger Houngbédji, archevêque métropolitain de Cotonou et président de la Conférence épiscopale du Bénin. Durant quatre jours, les prélats ont passé en revue plusieurs préoccupations liées à la vie de l'Église, mais également aux réalités auxquelles le pays est confronté.
Une Église en fête, mais attentive aux souffrances de la société
Cette 79e session plénière a également été marquée par plusieurs actions de grâce et célébrations. Les évêques ont rendu grâce pour les 40 années de sacerdoce de Monseigneur Eugène Cyrille Houndekon et de Monseigneur Pascal N'koué. Ils ont également célébré les 60 ans de vie de Monseigneur Aristide Gonsallo ainsi que les dix années d'ordination épiscopale de Monseigneur Roger Houngbédji.
Les prélats ont, par ailleurs, honoré la mémoire de Monseigneur Barthélemy Adoukonou, à l'occasion du premier anniversaire de sa « naissance au ciel ». Une pensée particulière a également été consacrée à la clôture du centenaire de la Journée mondiale des missions, instituée en 1926 et célébrée à Djougou. Une occasion de saluer l'engagement des missionnaires et des fidèles laïcs dans l'annonce de l'Évangile et la propagation des valeurs chrétiennes.
Mais derrière ces moments de réjouissance et de reconnaissance, les évêques n'ont pas occulté les difficultés qui affectent la société béninoise. Leur communiqué final fait notamment état d'une vive inquiétude face à la recrudescence de certaines formes de mendicité, à la pauvreté grandissante et à la dégradation de certaines valeurs sociales.
Les préoccupations sécuritaires occupent également une place importante dans leur diagnostic. Les vols à main armée, les violences sexuelles exercées sur les mineurs, la consommation de drogues et les menaces terroristes figurent parmi les phénomènes dénoncés par les prélats. Autant de fléaux qui, selon les préoccupations exprimées par la CEB, mettent à rude épreuve la cohésion sociale et la protection des personnes vulnérables.
Pour les responsables de l'Église catholique, ces réalités ne sauraient être considérées comme de simples faits divers. Elles interpellent l'ensemble des acteurs de la société et appellent des réponses appropriées, aussi bien sur le plan social que sécuritaire. La lutte contre la pauvreté, la protection des enfants et l'amélioration des conditions de vie des populations apparaissent ainsi comme des exigences majeures.
Dégel politique et justice plus humaine : le plaidoyer des évêques
Sur le terrain politique et judiciaire, la Conférence épiscopale du Bénin a également fait entendre sa voix. Les évêques ont invité le pouvoir exécutif à poursuivre les efforts en vue du dégel de certaines situations politiques. Un appel qui traduit leur attachement à l'apaisement du climat national et à la recherche de solutions concertées aux divergences.
La question de la justice n'a pas été laissée de côté. Les prélats ont plaidé pour des mesures concrètes en faveur d'une justice plus humaine au Bénin. À travers cette interpellation, ils remettent au centre du débat les exigences de dignité humaine, d'équité et de considération de la personne dans le fonctionnement de l'appareil judiciaire.
Au terme de cette 79e session plénière, les évêques réaffirment ainsi leur volonté de demeurer attentifs aux préoccupations spirituelles, sociales et politiques de la nation. Leur message dépasse les frontières de la communauté catholique : il interpelle les gouvernants, les acteurs politiques, les institutions judiciaires et l'ensemble des citoyens sur leur responsabilité dans la construction d'une société plus juste, plus solidaire et plus pacifique.
À Natitingou, l'Église catholique a donc conjugué célébration et interpellation. Entre espérance chrétienne et vigilance citoyenne, la CEB rappelle que la paix sociale ne peut se construire sans dialogue, sans justice et sans une attention réelle portée aux souffrances des populations.
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