Le décès de Cossi Codjo Alofa, survenu le lundi 26 octobre 2026 au Centre national hospitalier universitaire (CNHU) de Cotonou, ne signifie pas nécessairement la fin de l’affaire Urbain Dangnivo. C’est la conviction de Me Olga Anassidé, avocate de la famille du disparu. Dans une interview exclusive accordée à Bip Radio, elle estime que des zones d’ombre subsistent et que d’autres personnes présentées comme impliquées dans cet homicide doivent encore répondre de leurs actes devant la justice.

La nouvelle de la mort de Codjo Alofa a provoqué une onde de choc chez l’avocate de la famille Dangnivo. Se disant surprise et profondément affectée, Me Olga Anassidé a exprimé ses condoléances tout en appelant les autorités compétentes à faire toute la lumière sur les circonstances du décès du détenu.

Alors que le parquet de Cotonou a évoqué un accident vasculaire cérébral (AVC), constaté par les services médicaux, l’avocate souhaite que les autorités apportent les éclaircissements nécessaires sur les causes de cette disparition. Elle dit espérer que la diligence ayant accompagné l’annonce officielle du décès se traduira également par une communication claire sur les circonstances de sa survenue.

Akon Isidore au cœur des interrogations, d’autres comparutions attendues

Au-delà de l’émotion suscitée par cette disparition, Me Olga Anassidé soulève une question essentielle : celle de la suite judiciaire de l’affaire Dangnivo. Sur le plan juridique, elle reconnaît que le décès de Codjo Alofa entraîne l’extinction de l’action publique à son égard. Toutefois, elle considère que cette conséquence ne saurait entraîner la clôture définitive de l'ensemble du dossier.

Pour étayer sa position, l'avocate rappelle les déclarations faites par le procureur de la République de Cotonou lors de ses réquisitions. Selon elle, le magistrat avait alors désigné Akon Isidore comme l'auteur de l'homicide d'Urbain Dangnivo, qui aurait été commis dans le lit de Codjo Alofa. Une déclaration qui, à ses yeux, ouvre d'autres pistes et renforce la nécessité de poursuivre les démarches judiciaires.

« Je ne pense pas que la mort de Alofa referme définitivement ce dossier », affirme-t-elle. Pour l'avocate, la disparition de celui qui a longtemps été présenté comme un acteur central de cette affaire ne doit pas faire perdre de vue les autres personnes citées dans le dossier.

Elle estime ainsi que les autorités judiciaires doivent tirer les conséquences de leurs propres déclarations et prendre les dispositions nécessaires pour que les personnes mises en cause comparaissent devant la justice.

Des démarches judiciaires en préparation

Interrogée sur les actions qu'elle envisage d'engager à la suite du décès de Codjo Alofa, Me Olga Anassidé préfère, pour l'instant, garder ses intentions confidentielles. Elle laisse néanmoins entendre que des initiatives pourraient être prises pour que les interrogations persistantes trouvent des réponses.

S'agissant des recours consécutifs au procès, l'avocate indique que plusieurs appels ont été formés par différentes parties. Quant à savoir si elle-même a interjeté appel, elle se garde de toute confirmation catégorique, précisant que cette éventualité n'est pas exclue.

Pour la défense des intérêts de la famille Dangnivo, l'enjeu demeure donc entier : faire toute la lumière sur la disparition et l'homicide d'Urbain Dangnivo, malgré la mort de l'un des principaux acteurs de cette affaire judiciaire.

La mort de Codjo Alofa pourrait ainsi marquer un tournant dans le dossier sans pour autant en constituer l'épilogue. Me Olga Anassidé attend désormais que les autorités judiciaires donnent une suite aux pistes évoquées au cours de la procédure et que les autres personnes mises en cause soient, le cas échéant, traduites devant la justice.