Victime d’un accident vasculaire cérébral (AVC), le journaliste et président de l’Union des professionnels des médias du Bénin (UPMB), Hervé Prudence Hessou, entend faire de son expérience personnelle un puissant levier de sensibilisation. À travers l’association AVerCion Aversion, il lance, du 25 octobre au 1er novembre 2026, une semaine de mobilisation pour mieux faire connaître cette maladie, ses facteurs de risque et les réflexes qui peuvent sauver des vies.

Survivre à un AVC et décider d’en faire un combat collectif. C’est le pari de Hervé Prudence Hessou. Journaliste depuis près d’un quart de siècle et président de l’UPMB, il met désormais sa voix et son expérience au service de la prévention de cette maladie, dont les conséquences peuvent être dramatiques lorsqu’elle n’est pas prise en charge rapidement.

À travers AVerCion Aversion, il entend briser le silence, corriger les idées reçues et renforcer les connaissances du public sur les accidents vasculaires cérébraux. Pendant huit jours, l’association déploiera une campagne de sensibilisation articulée autour de publications quotidiennes consacrées à la reconnaissance des signes d’alerte, aux facteurs de risque, aux moyens de prévention et à la vie après un AVC.

Le choix du nom de l’association traduit cette ambition. Issu du latin aversio, qui renvoie à l’action de détourner, le mot « aversion » exprime ici le rejet de l’AVC et la volonté de l'éviter grâce à la prévention. Le remplacement du « s » par un « c » dans « AVerCion » constitue un jeu de mots qui donne une identité particulière à cette initiative. Son logo, représentant un cerveau en miroir, renforce ce message.

Informer pour prévenir, sensibiliser pour sauver des vies

L’urgence de cette mobilisation se mesure à l’ampleur du problème. Selon les données de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) citées par les promoteurs de la campagne, quelque 15 millions de personnes sont victimes d’un AVC chaque année dans le monde, et près de 6 millions en meurent. L’hypertension artérielle figure parmi les principaux facteurs de risque.

Au Bénin, une enquête menée à Cotonou auprès de plus de 15 000 habitants a estimé la prévalence de l’AVC à 4,6 pour 1 000 personnes. Les résultats soulignent également l’insuffisance des connaissances sur cette maladie, renforçant la nécessité d’une information accessible et régulière.

Face à ce constat, AVerCion Aversion mise sur la communication pour faire évoluer les comportements. La campagne abordera notamment les signes d’alerte — visage déformé, faiblesse d’un bras, difficultés à parler — et la nécessité d’appeler rapidement les secours au 118, selon les consignes communiquées par l’association. L’hypertension, le diabète, le tabagisme, la consommation d’alcool et la sédentarité seront également au cœur des messages de prévention.

La sensibilisation ne s’arrêtera pas à la prévention. L’association entend aussi attirer l’attention sur les réalités de l’après-AVC, notamment la rééducation et l’importance du soutien des proches dans le parcours de récupération des victimes.

Le jeudi 29 octobre, à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre l’AVC, constituera un temps fort de cette mobilisation.

Autre rendez-vous majeur : le samedi 31 octobre 2026, à 10 heures, à la Maison des médias Thomas MEGNANSSAN, à Gbèdjromèdé, à Cotonou. Baptisée « Dialogue Cerveau & Voix », cette rencontre réunira des victimes d’AVC, des journalistes, des communicants, des orthophonistes, des kinésithérapeutes et des médecins. L’objectif est de croiser les expériences et les expertises pour mieux informer les populations et promouvoir les bons réflexes face à cette urgence médicale.

Pour Hervé Prudence Hessou, cette initiative relève autant d’une responsabilité professionnelle que d’un engagement personnel.

« Il faut forcément communiquer et informer les gens sur l’AVC. On croit le connaître, mais il reste loin de nos connaissances : chacun doit savoir quoi faire quand il le faut. Je ne peux pas être journaliste depuis près d’un quart de siècle et président de l’Union, voir cet incident m’arriver et me taire. C’est pourquoi je porte désormais ce combat, un combat noble, pour amener l’information au-delà du niveau actuel, vers la population, avec les médias et les spécialistes », explique-t-il.

À travers cette démarche, le président de l’UPMB veut mobiliser les professionnels des médias et les spécialistes de la santé autour d’une conviction : mieux informer, c’est donner à chacun davantage de chances de reconnaître les signes d’un AVC et d’agir à temps. Huit jours pour faire reculer l’AVC

La campagne se déroulera selon le calendrier suivant :

Dimanche 25 octobre : lancement de la campagne, présentation de l’association et définition de l’AVC ;

Lundi 26 octobre : reconnaissance des signes d’alerte ;

Mardi 27 octobre : facteurs de risque ;

Mercredi 28 octobre : prévention au quotidien et annonce du Dialogue Cerveau & Voix ;

Jeudi 29 octobre : Journée mondiale de lutte contre l’AVC ;

Vendredi 30 octobre : vivre

Samedi 31 octobre, à 10 heures : Dialogue Cerveau & Voix à la Maison des médias, à Cotonou ;

Dimanche 1er novembre : bilan de la campagne et remerciements.

À travers AVerCion Aversion, victimes, journalistes, communicants, infirmiers, orthophonistes, kinésithérapeutes et médecins entendent unir leurs compétences autour d’un objectif commun : informer, sensibiliser et agir pour réduire les risques liés à l’AVC.

Pour Hervé Prudence Hessou, le combat est désormais clair : faire de la prévention une arme collective contre une maladie dont les conséquences peuvent bouleverser des vies en quelques instants.