L’Assemblée nationale donne le ton en faveur de la consommation locale. À l’ouverture de la deuxième session ordinaire de l’année 2026, ce mercredi 21 octobre, au Palais des Gouverneurs à Porto-Novo, les députés ont affiché leur attachement à la production nationale en arborant majoritairement des tenues confectionnées par des artisans béninois. Une initiative symbolique qui met à l’honneur le savoir-faire local et rappelle l’importance de soutenir les acteurs de l’économie nationale.

Des tissus soigneusement choisis, des coupes élégantes et des créations signées par des artisans du pays ont marqué cette rentrée parlementaire. Au-delà de l’apparence vestimentaire, cette mobilisation traduit une volonté de donner davantage de visibilité aux produits locaux, dans un mois d’octobre consacré à la promotion de la consommation locale. En choisissant de porter des tenues issues de la création béninoise, les représentants du peuple envoient un signal en faveur des couturiers, tisserands, stylistes et autres professionnels qui font vivre cette chaîne de valeur.

Prenant la parole à l’occasion de cette rentrée parlementaire, le président de l’Assemblée nationale, le professeur Joseph Fifamin Djogbénou, a salué cette démarche et insisté sur la nécessité de privilégier les produits issus de l’économie nationale. « Un peuple qui ne consomme pas ce qu’il produit n’ira pas loin », a-t-il déclaré, soulignant ainsi le lien entre les habitudes de consommation et les perspectives de développement économique.

Du symbole à l’engagement durable

Pour le président de l’institution parlementaire, la promotion du « Made in Bénin » ne saurait se réduire à une manifestation occasionnelle. Elle doit devenir un réflexe quotidien, aussi bien chez les particuliers que dans les entreprises et les institutions publiques. Une orientation qui appelle à accorder une place plus importante aux produits fabriqués localement dans les choix de consommation.

L’enjeu est considérable pour les artisans et les petites entreprises béninoises. En privilégiant leurs créations, les consommateurs contribuent au maintien des activités, à la valorisation des compétences nationales et à la création d’emplois. Le développement de cette demande peut également encourager les producteurs à améliorer la qualité de leurs offres, à innover et à conquérir de nouveaux marchés.

Cette initiative prend une résonance particulière au moment où les députés entament les travaux de la session budgétaire, au cours de laquelle sera notamment examiné le projet de budget de l’État pour l’année 2027. Alors que les choix budgétaires orientent les priorités économiques et sociales du pays, la promotion du savoir-faire national rappelle que le développement ne repose pas uniquement sur les investissements publics, mais aussi sur la capacité à soutenir la production locale.

Reste désormais à inscrire cette démonstration dans la durée. Au-delà des tenues arborées dans l’hémicycle, la valorisation du « Made in Bénin » suppose des habitudes de consommation favorables aux producteurs nationaux, une meilleure visibilité de leurs créations et des mesures concrètes pour renforcer leur compétitivité. En mettant les artisans béninois à l’honneur dès l’ouverture de cette session parlementaire, les députés donnent ainsi un visage à un enjeu économique majeur : faire de la production nationale un véritable levier de croissance et de création de richesses.