Le parti Les Démocrates traverse une nouvelle zone de turbulences. À la veille de son deuxième congrès ordinaire, prévu les 10 et 11 octobre 2026, la principale formation politique de l’opposition béninoise est confrontée à une série de démissions touchant aussi bien des figures nationales que des responsables locaux. Parmi les départs annoncés figurent ceux d’Éric Houndété, ancien vice-président du parti, de Jude Lodjou, colistier du candidat à la présidentielle de 2026, ainsi que de deux anciens députés, Célestin Hounsou et René Badougou. Une situation qui intervient à un moment stratégique pour l’avenir et la gouvernance du parti.

La succession des départs donne une dimension particulière aux assises qui s’ouvrent ce samedi 10 octobre. Alors que les militants sont attendus pour examiner les textes fondamentaux et renouveler les instances dirigeantes, plusieurs responsables qui ont contribué à la vie politique de la formation ne devraient plus prendre part aux travaux sous la bannière des Démocrates.

Selon les informations disponibles, Célestin Hounsou et René Badougou ont remis leurs lettres de démission le jeudi 8 octobre. Les deux anciens parlementaires viennent ainsi grossir la liste des responsables qui se désolidarisent du parti à quelques heures d’une échéance majeure.

Les départs annoncés d’Éric Houndété et de Jude Lodjou renforcent cette série de défections. Le premier a occupé le poste de vice-président des Démocrates, tandis que le second figurait parmi les colistiers du candidat à l’élection présidentielle de 2026, Romaric Agbodjogbé. À ce stade, les raisons précises de leurs démissions n’ont pas été officiellement détaillées.

Des divergences internes et des départs dans les communes

Au-delà des figures nationales, les mouvements de départ touchent également les structures locales du parti. Dans la commune de Zè, Sosthène Aikpando et Christophe Mèdjagbonon ont rendu publiques leurs démissions, en exposant les motifs de leur décision. Ces départs témoignent d’un malaise qui ne se limiterait pas aux instances dirigeantes, même si son ampleur reste à établir.

S’agissant de Célestin Hounsou, des informations font état de divergences entre ses convictions politiques et les orientations actuelles du parti. Pour René Badougou, aucun motif officiel n’a, pour l’heure, été rendu public. Quant à Éric Houndété et Jude Lodjou, les raisons de leur retrait restent également à préciser.

D’autres démissions pourraient suivre, selon des informations relayées dans certains milieux politiques. Des responsables locaux et des cadres seraient concernés. Ces annonces demeurent toutefois à confirmer et ne permettent pas, en l’état, de mesurer l’étendue réelle de cette vague de départs.

Un congrès sous pression

Cette séquence intervient alors que Les Démocrates s’apprêtent à tenir leur deuxième congrès ordinaire, les 10 et 11 octobre 2026. Les travaux doivent notamment porter sur l’examen des textes fondamentaux, d’éventuelles modifications des statuts et du règlement intérieur, ainsi que sur le renouvellement des instances dirigeantes.

L’enjeu est aussi statutaire. Les organes élus lors du congrès de Parakou, en octobre 2023, arrivent au terme de leur mandat le 14 octobre 2026 à minuit. Le président du parti, Nourénou Atchadé, avait rappelé cette échéance lors du Conseil national de septembre.

La tenue du congrès avant l’expiration des mandats vise donc à assurer la continuité du fonctionnement institutionnel du parti et à éviter toute difficulté liée à la fin du mandat des responsables en place.

Mais au-delà de cette exigence organisationnelle, les démissions annoncées posent la question de la cohésion interne, de la mobilisation des militants et de la capacité des nouvelles instances à rassembler les différentes sensibilités. Le renouvellement des dirigeants pourrait ainsi constituer un moment décisif pour tenter de restaurer la confiance et de clarifier les orientations politiques de la formation.

À la veille de ces assises, Les Démocrates se retrouvent face à un double défi : mener à bien leur réorganisation statutaire et tirer les conséquences politiques d’une série de départs qui fragilisent leur image d’unité. Reste à savoir si le congrès permettra d’apaiser les tensions ou s’il ouvrira une nouvelle séquence de recomposition au sein de l’opposition béninoise.

✍️ Zacharie GANGBO