À Zè, l’état de dégradation de la principale voie reliant l’arrondissement de Tangbo au centre de la commune suscite de vives inquiétudes. Face aux risques d’accidents et à l’absence de solution durable, des jeunes riverains se mobilisent avec les moyens du bord pour boucher les nids-de-poule et les crevasses qui rendent la circulation de plus en plus difficile.
La commune de Zè donne, par endroits, l’image d’un territoire enclavé.
La situation est particulièrement préoccupante sur l’axe reliant Tangbo à Zè Centre, un tronçon pourtant stratégique pour les populations qui se rendent quotidiennement vers les services administratifs et autres infrastructures installés au chef-lieu de la commune.
Fortement dégradée, cette voie de desserte est devenue un véritable parcours d’obstacles pour les usagers. Nids-de-poule, trous béants et portions fortement détériorées jalonnent l’axe. Une situation qui complique les déplacements et expose les usagers à des risques d’accident.
Quand les jeunes prennent la route en main
Face à cette dégradation persistante, certains jeunes des localités riveraines ont décidé de ne pas rester les bras croisés. Se présentant comme des citoyens engagés pour la sauvegarde des vies humaines, ils interviennent ponctuellement sur les parties les plus dangereuses de la voie.
Leur méthode est aussi simple que précaire : acheminer de la terre rouge à bord de tricycles pour combler les trous et les nids-de-poule qui constituent autant de pièges pour les conducteurs et les motocyclistes. Une opération réalisée sans véritable moyen financier, mais avec la volonté de réduire, autant que possible, les risques d’accident.
Cette mobilisation citoyenne ne date d’ailleurs pas d’aujourd’hui. Il y a environ deux ans, des jeunes des zones d’Assoklé et de Hounsagoudo avaient déjà organisé une collecte de fonds afin d’acheter plusieurs sacs de ciment destinés à réparer les points les plus dégradés de la chaussée.
Dans la zone d' Adjrako, l’initiative prend même une dimension individuelle. Un habitant âgé s’emploie, chaque samedi, à boucher certaines dégradations de la voie. Des actions qui témoignent de l’inquiétude grandissante des populations face à l’état de cet axe.
Une demande de solution durable
Pour les usagers et riverains rencontrés, ces interventions ponctuelles ne sauraient toutefois constituer une réponse définitive. Ils souhaitent une prise en charge durable de cette voie, devenue indispensable aux déplacements entre Tangbo et Zè Centre.
Certains déplorent notamment ce qu’ils considèrent comme une insuffisance d’intervention des autorités municipales face à la dégradation progressive de l’axe. Ils appellent la municipalité de Zè à prendre la mesure de la situation et à engager des actions susceptibles d'améliorer durablement les conditions de circulation.
Au-delà de la commune, les regards se tournent également vers l’État. Les populations estiment que l’importance stratégique de Zè, située à proximité d’Abomey-Calavi et caractérisée par une forte croissance démographique, justifie une attention particulière portée à ses infrastructures routières.
La présence de la Zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ), ainsi que le développement de plusieurs autres infrastructures et projets, renforce, selon les populations, la nécessité de disposer d’un réseau routier à la hauteur des enjeux de développement de la commune.
En attendant une éventuelle intervention des pouvoirs publics, les jeunes continuent donc de jouer les premiers rôles sur le terrain, avec de la terre rouge et des moyens rudimentaires, pour tenter de sécuriser une route devenue préoccupante pour ses principaux usagers.
✍️ Zacharie GANGBO
0 commentaire
Aucun commentaire pour le moment.