Moins de deux semaines après la tentative de déstabilisation survenue à Niamey, le général Abdourahamane Tiani opère un profond remaniement au sommet de l’armée nigérienne. Le chef d’état-major des armées, le général Moussa Salaou Barmou, a été relevé de ses fonctions et plusieurs généraux ont été repositionnés à des postes stratégiques.
Une nouvelle chaîne de commandement pour reprendre le contrôle
Par décret, le chef du régime nigérien a mis fin aux fonctions du général Moussa Salaou Barmou à la tête de l’état-major des armées. Figure connue de l’appareil militaire nigérien, notamment pour sa formation aux États-Unis dans le domaine de la lutte contre le terrorisme, Barmou était également réputé proche des troupes.
Il est remplacé par le général Mahaman Sani Kiaou, qui dirigeait jusque-là l’armée de terre. Ce changement constitue l’une des principales décisions du réaménagement opéré par Abdourahamane Tiani au sein de la hiérarchie militaire.
D’autres nominations accompagnent ce mouvement. Le général Abou Zataka prend désormais les commandes de l’armée de terre, tandis que le général Ismael K. Sidi Omar devient le numéro deux de l’état-major des armées. Ce dernier était auparavant à la tête de la base 101 de Niamey, dont certains éléments auraient été impliqués dans les événements survenus à la fin du mois d’août.
Des changements sur fond de tensions dans les casernes
Selon des sources citées par RFI, le départ du général Barmou serait notamment lié à son attitude durant la récente crise. Le nouveau dispositif de commandement devra désormais répondre à plusieurs défis, dont les désertions enregistrées dans les rangs de l’armée, la réorganisation des forces engagées contre les groupes jihadistes et le renforcement de la cohésion au sein des troupes.
La présence de militaires russes d’Africa Corps lors de la crise aurait, par ailleurs, alimenté des frustrations au sein d’une partie de l’armée nigérienne.
À travers ce remaniement, Abdourahamane Tiani entend ainsi reprendre davantage la main sur la chaîne de commandement militaire et renforcer la discipline au sein des forces armées. Une réorganisation qui intervient alors que le Niger demeure confronté à une situation sécuritaire particulièrement tendue.
✍️ Zacharie GANGBO
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