À Saint-Just-Saint-Rambert, dans la Loire, le maire Olivier Joly a pris un arrêté municipal pour le moins inhabituel. Signé le 1er septembre 2026, le texte interdit symboliquement aux moustiques tigres de survoler la commune et précise que ceux qui ne respecteraient pas les consignes « s’exposent à des poursuites ».
Derrière cette mesure humoristique se cache toutefois une préoccupation bien réelle. La municipalité entend alerter les habitants sur la prolifération de cet insecte particulièrement redouté pour ses piqûres.
L’arrêté évoque notamment les « vols répétés, rasants ou circulaires » ainsi que les nuisances provoquées par les moustiques, susceptibles d’entraîner « l’agacement et l’exaspération ». « C’est un sujet sérieux et léger à la fois, mais ces petites choses peuvent nous pourrir la vie », a expliqué à l’AFP Olivier Joly, maire divers droite d’une commune d’environ 15 000 habitants.
Des habitants appelés à traquer les eaux stagnantes
Au retour des vacances, plusieurs habitants auraient alerté l’élu sur la présence importante de moustiques tigres. Certains lui auraient notamment confié qu’il devenait difficile de profiter des soirées en extérieur.
La municipalité souhaite ainsi remobiliser la population autour des gestes de prévention, notamment la suppression des eaux stagnantes, où l’insecte se reproduit.
La commune a déjà consacré 45 000 euros à différentes actions. Des pièges ont été installés, tandis que des gîtes à chauves-souris et des nichoirs à mésanges ont été aménagés. Des mâts solaires destinés à accueillir des hirondelles ont également été déployés, ces animaux étant friands de moustiques. La mairie rappelle également qu’une grande partie de la vie du moustique tigre se déroule à proximité de son lieu de naissance. La mobilisation doit donc se faire à l’échelle des quartiers et jusque dans les habitations.
L’arrêté recommande ainsi de vider les récipients susceptibles de retenir de l’eau, comme les seaux, les soucoupes de pots de fleurs ou les pneus usagés. Il préconise également l’entretien des gouttières et des caniveaux ainsi que la couverture ou le traitement des bassins.
Aucun moustique verbalisé à ce jour
Malgré le ton ferme du texte, aucun insecte n’a évidemment été interpellé. « Aucun moustique n’a été arrêté ou verbalisé », reconnaît Olivier Joly, confirmant le caractère avant tout symbolique de l’initiative.
La plaisanterie n’enlève rien à la réalité du problème. Détecté en France métropolitaine dès 2004, Aedes albopictus poursuit son expansion sur le territoire.
Le réchauffement climatique favorise notamment son implantation dans de nouvelles régions. Une étude récente menée par l’IRD, le Cirad et l’Abdus Salam International Centre for Theoretical Physics estime qu’il pourrait coloniser la quasi-totalité du territoire français d’ici 2085, à l’exception des zones montagneuses. Cette progression accroît aussi le risque de transmission locale de maladies telles que la dengue.
À Saint-Just-Saint-Rambert, l’arrêté fait donc sourire, mais le message reste sérieux : pour freiner la prolifération du moustique tigre, les premiers gestes se jouent aussi dans les jardins et autour des habitations.
✍️ Zacharie GANGBO
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