Le Bénin conserve ses chances d’accéder à de nouveaux financements américains destinés au développement. Dans son dernier rapport transmis au Congrès des États-Unis au titre de l’exercice fiscal 2027, le Millennium Challenge Corporation (MCC) maintient le Bénin parmi les pays officiellement candidats à ses programmes d’investissement. Une première sélection qui permet au pays de poursuivre le processus, avant l’évaluation décisive de ses performances en matière de gouvernance, de liberté économique et d’investissement dans le capital humain.
Le gouvernement américain a franchi, en août 2026, une première étape du processus annuel de sélection des pays susceptibles de bénéficier de l’appui du MCC. Dans le rapport obligatoire adressé au Congrès pour l’exercice fiscal 2027, l’agence fédérale américaine a retenu 91 pays candidats à travers le monde. Le Bénin figure sur cette liste, confirmant qu’il remplit les conditions préalables fixées par la législation américaine.
Un premier filtre favorable au Bénin
L’accès à cette liste repose sur deux conditions principales prévues par le Millennium Challenge Act de 2003. Le pays candidat doit notamment présenter un Revenu national brut (RNB) par habitant inférieur au seuil de graduation fixé par la Banque mondiale, établi à 8 105 dollars pour l’exercice 2027. Il doit également ne pas être frappé par une restriction légale américaine empêchant l’octroi d’une assistance.
Le maintien du Bénin dans la course signifie donc que le pays satisfait à ces conditions préliminaires. Il n’est pas concerné par les restrictions légales qui ont conduit à l’exclusion de certains autres États initialement admissibles en raison de leur niveau de revenu.
La situation du Bénin prend davantage de relief au regard des pays écartés du processus. Treize nations, bien qu’elles remplissent le critère de revenu, ont été exclues en raison de restrictions prévues par la législation américaine. Parmi elles figurent notamment le Burkina Faso, le Mali et le Niger, concernés par les dispositions américaines relatives aux ruptures de l’ordre constitutionnel.
D’autres exclusions sont liées à des motifs spécifiques, notamment le classement dans la catégorie des pays de « Tier 3 » en matière de lutte contre la traite des personnes, comme le Tchad et l’Érythrée, ou encore à certaines restrictions concernant la gouvernance et les droits humains.
Pour le Bénin, l’absence de telles restrictions permet de conserver ouvertes les possibilités de coopération avec le MCC et, plus largement, avec les mécanismes américains de financement du développement.
Le véritable test reste à venir
La présence du Bénin sur la liste des candidats ne signifie toutefois pas que le pays a déjà obtenu un nouveau financement. Elle constitue plutôt une étape préalable à la sélection définitive.
Dans les prochains mois, le Conseil d’administration du MCC devra examiner les performances des différents pays candidats à travers sa « scorecard », un tableau de bord qui permet d’évaluer leurs résultats dans plusieurs domaines.
Trois grands axes seront notamment scrutés : la gouvernance démocratique, la liberté économique et les investissements dans le capital humain. Les performances enregistrées par chaque pays seront comparées à celles des autres candidats avant la décision du Conseil d’administration.
Le Bénin devra donc transformer cette première qualification en résultats suffisamment convaincants pour franchir l’étape suivante et être officiellement déclaré éligible à la négociation d’un nouveau programme de partenariat.
Pour le gouvernement béninois, l’enjeu est de taille : au-delà de la reconnaissance de sa candidature, une éventuelle sélection pourrait ouvrir la voie à de nouveaux investissements américains dans des secteurs prioritaires du développement national.
✍️ Zacharie GANGBO
0 commentaire
Aucun commentaire pour le moment.