À Sedjè-Houègoudo Centre, dans la commune de Zè, la désignation du prochain chef de village est en passe de devenir une source de division au sein de la communauté. Alors que cette étape devrait consacrer un choix consensuel au service de l’intérêt général, les divergences autour des profils en lice alimentent un climat de tension qui préoccupe de plus en plus les habitants. 

Au cœur du malaise, deux visions s’opposent autour du fauteuil de chef de village. D’un côté, un notable présenté comme un ancien du village, longtemps absent de la localité et récemment revenu s’y installer, mettrait en avant son expérience, son ancrage dans la communauté et la sagesse que lui confère son âge. De l’autre, un jeune acteur local revendique son engagement militant et son implication de terrain au sein de l’Union Progressiste le Renouveau (UP-R). 

Ancrage local contre engagement militant

Selon plusieurs témoignages recueillis dans la localité, le jeune candidat aurait été particulièrement actif dans les actions de mobilisation et d’implantation du parti dans la zone. Certains habitants estiment qu’il s’est investi « corps et âme », y compris sur le plan financier, depuis les premières étapes de l’installation et de l’organisation de l’UP-R dans cette partie de la commune. Face à lui, le profil du notable repose davantage, selon ses soutiens, sur son statut d’ancien, son expérience et sa connaissance des réalités socioculturelles du milieu. Deux arguments qui, loin de favoriser le consensus, semblent aujourd’hui nourrir une compétition de plus en plus vive. Cette confrontation dépasse désormais les ambitions personnelles. Elle divise les opinions et crée des crispations au sein d’une population qui redoute que la bataille autour du choix du chef de village ne fragilise durablement la cohésion sociale.

« Nous voulons la paix » : l’appel pressant de la jeunesse

Face à cette situation, plusieurs jeunes de Sedjè-Houègoudo Centre tirent la sonnette d’alarme. Ils appellent les différents protagonistes à la retenue et demandent aux responsables politiques locaux de prendre leurs responsabilités afin de prévenir toute escalade. « Ce qui devait être une joie, une fête pour le village, est en train de devenir une guerre fratricide », confie un porte-parole du collectif de jeunes, qui souhaite voir rapidement s’ouvrir un cadre de dialogue. Les regards se tournent notamment vers les responsables de l’Union Progressiste le Renouveau dans la commune, en particulier le député Noutaï, présenté comme coordonnateur communal du parti. Les jeunes souhaitent une intervention susceptible de rapprocher les positions et de ramener le processus de désignation dans un cadre apaisé.

Des échanges de plus en plus tendus

D’après une source proche du dossier, le malaise ne serait plus limité aux discussions politiques. Les désaccords donneraient régulièrement lieu à des échanges verbaux tendus entre partisans des différents profils. Certaines discussions auraient même pris une dimension spirituelle, contribuant davantage à installer un climat de suspicion et de méfiance. Une telle évolution inquiète les habitants, qui craignent que la compétition autour d’un poste à vocation essentiellement administrative et communautaire ne débouche sur une fracture plus profonde entre familles, générations et sensibilités politiques.

Les autres partis observent avec inquiétude

Si les autres formations politiques présentes dans la localité sont, jusque-là, restées relativement en retrait dans le processus, elles suivent désormais l’évolution de la situation avec attention. Pour plusieurs observateurs locaux, l’enjeu dépasse en effet les considérations partisanes. Le choix du chef de village touche directement à la cohésion de la communauté, à la stabilité sociale et à la capacité des différentes sensibilités à continuer à vivre ensemble malgré leurs divergences. Dans ce contexte, une médiation rapide apparaît comme l’une des pistes susceptibles de désamorcer les tensions et de favoriser un choix accepté par le plus grand nombre.

Le maire encore en dehors du dossier ?

Autre élément qui alimente les interrogations : selon les informations recueillies auprès de certains habitants, le maire de la commune de Zè, Armando Paolo GBANDE, ne serait pas encore officiellement saisi de l’ampleur des tensions liées à cette désignation. Cette situation pourrait toutefois évoluer, au regard des appels insistants à l’apaisement lancés par les populations. 

En tant que première autorité communale, le maire pourrait être appelé à jouer un rôle dans la prévention d’une éventuelle détérioration du climat social, en complément des démarches politiques et communautaires. À Sedjè-Houègoudo Centre, l’attente est désormais celle d’une intervention qui permette de privilégier le dialogue, l’écoute et l’intérêt collectif sur les ambitions individuelles. Car au-delà du fauteuil de chef de village, c’est la cohésion d’une communauté qui se trouve aujourd’hui au cœur des préoccupations. « La paix, rien que la paix pour Sedjè-Houègoudo Centre », résume un habitant, traduisant l’état d’esprit d’une population qui espère voir rapidement retomber la tension.  

 

 ✍️ Baudouin SODABI (Stg)