Le président de la République, Romuald Wadagni, a poursuivi ce mercredi 26 août 2026 sa tournée de proximité dans la ville de Parakou. Après une matinée particulièrement dense, marquée notamment par une visite inopinée aux urgences du Centre hospitalier départemental du Borgou, un passage à la caserne de Parakou et des contacts directs avec des populations, le chef de l’État s’est rendu, sans protocole préalable, sur le campus de l’Université de Parakou. Une démarche qui traduit sa volonté affichée de toucher du doigt les réalités quotidiennes des Béninois et de privilégier les actes aux longs discours.

Une visite surprise à l’Université de Parakou

L’arrivée de Romuald Wadagni sur le campus universitaire a surpris plus d’un étudiant et membre du corps enseignant. Accompagné de la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Sédami Médégan Fagla, du vice-recteur, le professeur Nasser Baco, ainsi que du préfet du Borgou, Abdoul-Chakour Assouma, le président de la République a privilégié un contact direct avec la communauté universitaire.

L’objectif de cette descente était de recueillir personnellement les préoccupations des étudiants, des enseignants et des responsables académiques sur les conditions d’études et de travail, mais également sur les perspectives de développement de l’Université de Parakou. Les représentants des étudiants ont ainsi exposé plusieurs attentes, notamment l’amélioration des conditions d’études, la valorisation du site universitaire et le renforcement de l’excellence académique.

Face à ces préoccupations, Romuald Wadagni a invité ses interlocuteurs à lui faire confiance. Le chef de l’État a surtout réaffirmé une philosophie qui semble guider son approche de l’action publique : parler moins et laisser les résultats convaincre.

« Je ne parle pas beaucoup, j’aime qu’on constate », aurait-il lancé devant les étudiants et enseignants, résumant ainsi sa volonté de privilégier les réalisations concrètes aux annonces.

De la caserne aux urgences : le même choix de la proximité

Avant de rejoindre l’Université de Parakou, le président Wadagni avait effectué plusieurs déplacements inopinés dans des lieux stratégiques de la cité des Kobourou. Aux urgences du Centre hospitalier départemental du Borgou, il s’est intéressé aux réalités vécues par les patients et les professionnels de santé.

Il s’est également rendu au camp militaire de Parakou, où il a échangé avec les forces de défense. Cette étape intervient dans un contexte où la présence et l’engagement des forces de sécurité et de défense dans le nord du pays constituent un enjeu majeur. La tournée présidentielle s'est ainsi étendue à plusieurs secteurs essentiels : santé, défense, enseignement supérieur et administration.

Des emplettes au bord de la voie chez les « bonnes dames »

Mais l’un des moments les plus remarqués de cette tournée reste la séquence de proximité avec les commerçantes installées au bord des voies de Parakou. Loin du cérémonial habituel réservé aux déplacements présidentiels, Romuald Wadagni s’est arrêté pour effectuer quelques emplettes auprès de ces vendeuses communément appelées les « bonnes dames ».

Ce geste, apparemment simple, prend une dimension particulière dans une tournée placée sous le signe de la proximité. Au contact de ces femmes qui vivent quotidiennement du petit commerce, le président a choisi de s’affranchir, le temps de quelques instants, du protocole pour se comporter comme un citoyen au milieu des siens.

L’image renvoie à une conception de la fonction présidentielle fondée également sur l’écoute des réalités ordinaires : les marchés, les rues, les petits commerces et les lieux où se joue, au quotidien, une partie de la vie économique et sociale du pays.

« J’aime qu’on constate »

À travers cette journée à Parakou, Romuald Wadagni semble vouloir installer une méthode : aller sur le terrain, observer, écouter et laisser les résultats parler.

Cette démarche fait écho aux échanges tenus à l’Université de Parakou, où les étudiants ont présenté leurs préoccupations sans que le président ne s’engage publiquement sur des réponses précises. Il leur a plutôt demandé de lui faire confiance, en mettant en avant une logique d’action et de résultats.

La visite intervient par ailleurs dans un contexte où l’Université de Parakou doit bénéficier de plusieurs initiatives de modernisation de l’enseignement supérieur, notamment le déploiement progressif du télé-enseignement dans les universités publiques et l’aménagement d’espaces dédiés à cette nouvelle approche pédagogique.

De l’hôpital à la caserne, des commerçantes de rue au campus universitaire, le président de la République aura donc multiplié les escales de proximité dans la cité des Kobourou. Une manière de prendre le pouls de plusieurs composantes de la société et de rappeler, par les gestes autant que par les paroles, que l’action publique se mesure d’abord à ses effets sur le terrain.

À Parakou, Romuald Wadagni aura finalement peu parlé, mais beaucoup observé. Et son message aux étudiants résume sans doute le fil conducteur de cette journée : moins de discours, davantage de résultats à constater.

 

Zacharie GANGBO